Analyse de la lettre de Macron

Pour ouvrir le Grand, Miraculeux et tant attendu Débat National, Macron vient de pondre une lettre à ses Français. Comme toujours, accompagné de ses fidèles compagnons en communication -bien que certains aient quitté le navire-, il manie les mots et pilote son discours. Sur le fond et sur la forme, quel message transmet-il réellement ? Décortiquons son discours sans plus attendre, mot à mot.

Lettre ouverte de Macron aux Français

Vous trouverez mes annotations en italique tout au long de la lettre. Allons-y et synthétisons ensuite…

Chères Françaises, chers Français, mes chers compatriotes –Macron insiste ici sur le groupe, l’identité commune avec l’expression « compatriotes ». Il met aussi en avant l’importance qu’il leur accorder à travers l’adjectif « cher » et sa répétition. On peut voir qu’il continue de mettre en avant sa supériorité par le pronom possessif « mes » tout de même, afin de ne pas oublier que c’est bien parce qu’on lui coûte cher qu’on est maintenant en sa possession.

Dans une période d’interrogations et d’incertitudes comme celle que nous traversons, nous devons nous rappeler qui nous sommes. Ici, on nous rappelle que ce mouvement est temporaire : ce n’est qu’une période. Et ce mouvement, « nous » le traversons ensemble encore une fois, avec l’idée d’appartenance. On oppose aussi la pensée avec les interrogations à l’état : il semble plus important pour notre Président d’être ce qu’il pense, que de penser à ce que l’on est. 

La France n’est pas un pays comme les autres. Notre différence, notre pays. Le président s’adresse à ses chers gaulois réfractaires en visant leur égo, méthode marketing du SONCAS où le O=Orgueil.

Le sens des injustices y est plus vif qu’ailleurs. L’exigence d’entraide et de solidarité plus forte. On retourne au SONCAS, le S de Sympathie cette fois, en mettant en avant la générosité de la France et de ses vaillants gaullois. Toujours en mettant en avant notre différence vis-à-vis des autres : PLUS FORTE.

Chez nous, ceux qui travaillent financent les pensions des retraités. Chez nous, un grand nombre de citoyens paie un impôt sur le revenu, parfois lourd, qui réduit les inégalités. Chez nous, l’éducation, la santé, la sécurité, la justice sont accessibles à tous indépendamment de la situation et de la fortune. Les aléas de la vie, comme le chômage, peuvent être surmontés, grâce à l’effort partagé par tous« Chez nous », belle anaphore pour s’adresser aux nationalistes du mouvement. Et contrairement à il y a quelques jours, les français semblent avoir retrouvé leur sens de l’effort. Mais où l’avaient-ils donc oublié ??

C’est pourquoi la France est, de toutes les nations, une des plus fraternelles et des plus égalitaires. Allez on flatte encore un peu notre égo. Et l’égalité, n’est-ce pas ce que veulent les partisants du communisme libertaire ? Il ne nous manque que la liberté et on est bon.

C’est aussi une des plus libres, puisque chacun est protégé dans ses droits et dans sa liberté d’opinion, de conscience, de croyance ou de philosophie. Et là voilà la liberté, que c’est bien construit ! Il faut bien tenter de convaincre les anarchistes, alors on leur rabache quelques mots qu’ils aiment bien « libre », « droits », « opinion », « conscience », croyance »…

Et chaque citoyen a le droit de choisir celles et ceux qui porteront sa voix dans la conduite du pays, dans la conception des lois, dans les grandes décisions à prendre. Mhhh au paragraphe d’avant le citoyen avait beaucoup de droits, maintenant il a un devoir… AH ! Mais oui, le devoir de faire valoir ses droits à travers quelqu’un d’autre, mais oui qu’on est bêtes. Et en plus on a même le droit de participer à des grandes décisions wouaaaah quelles libertés, quand notre liberté se résume à choisir qui des plus puissants prendra le pouvoir !  

Chacun partage le destin des autres et chacun est appelé à décider du destin de tous : c’est tout cela, la nation française.  Encore une fois, on nous met en valeur, on nous rassemble, on nous culpabilise un peu aussi. Est-ce que, si je vote Macron, je pourrais décider de ton destin ? Vous décidez de ceux qui pourrons se nourir et se loger demain, mais on ne peut pas décider de te retirer le champagne demain. 

Comment ne pas éprouver la fierté d’être Français ? FFFIOUFIOUFIOU sortez les violons, grattez les cordes, si vous cherchez Macron il semblerait qu’il soit sur la corde raide. Et pourtant il ne fait pas de slackline.

Je sais, bien sûr, que certains d’entre nous sont aujourd’hui insatisfaits ou en colère. Parce que les impôts sont pour eux trop élevés, les services publics trop éloignés, parce que les salaires sont trop faibles pour que certains puissent vivre dignement du fruit de leur travail, parce que notre pays n’offre pas les mêmes chances de réussir selon le lieu ou la famille d’où l’on vient. Tous voudraient un pays plus prospère et une société plus juste. Diviser pour mieux régner… Rappeler à ceux qui n’ont pas ces problèmes qu’ils n’ont pas le droit d’être insatisfaits et demander plus de justice.

Cette impatience, je la partage. La société que nous voulons est une société dans laquelle pour réussir on ne devrait pas avoir besoin de relations ou de fortune, mais d’effort et de travail. Père Macron nous comprend…. Lui qui met la main à la pâte et à la poche.

En France, mais aussi en Europe et dans le monde, non seulement une grande inquiétude, mais aussi un grand trouble ont gagné les esprits. Il nous faut y répondre par des idées claires. La fameuse vague de populisme, elle a bon dos. Mais elle déferle sur la France, et c’est jusqu’au cou que Macron va l’avoir.

Mais il y a pour cela une condition : n’accepter aucune forme de violence. Je n’accepte pas, et n’ai pas le droit d’accepter la pression et l’insulte, par exemple sur les élus du peuple, je n’accepte pas et n’ai pas le droit d’accepter la mise en accusation générale, par exemple des médias, des journalistes, des institutions et des fonctionnaires. Si tout le monde agresse tout le monde, la société se défait ! Là on monte d’un cran, le ton monte et on atteint le S de Sécurité du Soncas. Pour la violence, on ne peut être que d’accord… Mais pourquoi mélanger la violence et la mise en accusation ?  Les institutions vont mal et les français n’en veulent plus.

Afin que les espérances dominent les peurs, il est nécessaire et légitime que nous nous reposions ensemble les grandes questions de notre avenir.

C’est pourquoi j’ai proposé et je lance aujourd’hui un grand débat national qui se déroulera jusqu’au 15 mars prochain.

Depuis quelques semaines, de nombreux maires ont ouvert leurs mairies pour que vous puissiez y exprimer vos attentes. J’ai eu de nombreux retours que j’ai pu prendre en compte. Nous allons désormais entrer dans une phase plus ample et vous pourrez participer à des débats près de chez vous ou vous exprimer sur internet pour faire valoir vos propositions et vos idées. Dans l’Hexagone, outre-mer et auprès des Français résidant à l’étranger. Dans les villages, les bourgs, les quartiers, à l’initiative des maires, des élus, des responsables associatifs, ou de simples citoyens… Dans les assemblées parlementaires comme régionales ou départementales. TOUT LE MONDE, vous entendez bien, TOUS.

Les maires auront un rôle essentiel car ils sont vos élus et donc l’intermédiaire légitime de l’expression des citoyens.

Pour moi, il n’y a pas de questions interdites. Nous ne serons pas d’accord sur tout, c’est normal, c’est la démocratie. Mais au moins montrerons-nous que nous sommes un peuple qui n’a pas peur de parler, d’échanger, de débattre. Ce n’est pas ce que font les français depuis novembre ? Et pourquoi vous Mr. Macron vous ne vous laissez pas interroger par des journalistes de l’opposition ? Pourquoi la salle de presse a-t-elle été déplacée hors de l’Elysée ? Pour des raisons de confort pour les médias ? Voyons, si les journalistes avaient mal au cul dans l’ancienne salle, vous leur avez surtout mis bien profond dans la nouvelle.

Et peut-être découvrirons-nous que nous pouvons tomber d’accord, majoritairement, au-delà de nos préférences, plus souvent qu’on ne le croit. L’inconnu, la croyance, le destin…!! Les français ne veulent plus tomber d’accord, c’est toi qu’ils veulent faire tomber.

Je n’ai pas oublié que j’ai été élu sur un projet, sur de grandes orientations auxquelles je demeure fidèle. Je pense toujours qu’il faut rendre à la France sa prospérité pour qu’elle puisse être généreuse, car l’un va avec l’autre. Je pense toujours que la lutte contre le chômage doit être notre grande priorité, et que l’emploi se crée avant tout dans les entreprises, qu’il faut donc leur donner les moyens de se développer. Je pense toujours qu’il faut rebâtir une école de la confiance, un système social rénové pour mieux protéger les Français et réduire les inégalités à la racine. Je pense toujours que l’épuisement des ressources naturelles et le dérèglement climatique nous obligent à repenser notre modèle de développement. Nous devons inventer un projet productif, social, éducatif, environnemental et européen nouveau, plus juste et plus efficace. Sur ces grandes orientations, ma détermination n’a pas changé. Macron rerevendique son idéologie néo-capitaliste. Comprendra-t-il que favoriser les grandes entreprises ne peut aller de pair avec le social et l’écologie ?

Mais je pense aussi que de ce débat peut sortir une clarification de notre projet national et européen, de nouvelles manières d’envisager l’avenir, de nouvelles idées. C’est NOTRE PROJET.

À ce débat, je souhaite que le plus grand nombre de Français, le plus grand nombre d’entre nous, puisse participer.

Ce débat devra répondre à des questions essentielles qui ont émergé ces dernières semaines. C’est pourquoi, avec le Gouvernement, nous avons retenu quatre grands thèmes qui couvrent beaucoup des grands enjeux de la nation : la fiscalité et les dépenses publiques, l’organisation de l’Etat et des services publics, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté. Sur chacun de ces thèmes, des propositions, des questions sont d’ores et déjà exprimées. Je souhaite en formuler quelques-unes qui n’épuisent pas le débat mais me semblent au cœur de nos interrogations.

Le premier sujet porte sur nos impôts, nos dépenses et l’action publique. L’impôt est au cœur de notre solidarité nationale. C’est lui qui finance nos services publics. Il vient rémunérer les professeurs, pompiers, policiers, militaires, magistrats, infirmières et tous les fonctionnaires qui œuvrent à votre service. Il permet de verser aux plus fragiles des prestations sociales mais aussi de financer certains grands projets d’avenir, notre recherche, notre culture, ou d’entretenir nos infrastructures. C’est aussi l’impôt qui permet de régler les intérêts de la dette très importante que notre pays a contractée au fil du temps. Et qui finance l’impôt ?L’ISF ? Les riches ? Les multinationales ? Rayés du discours. Et on oublie de détailler ce qu’il vient financer : les parlementaires, le train de vie du gouvernement, le maquillage de Mr, les projets abandonnés comme NDDL ou la taxe carbone… On essaye de nous faire culpabiliser en montrant les petits gens comme nous que les impôts permettent de payer. 

Mais l’impôt, lorsqu’il est trop élevé, prive notre économie des ressources qui pourraient utilement s’investir dans les entreprises, créant ainsi de l’emploi et de la croissance. Et il prive les travailleurs du fruit de leurs efforts. Nous ne reviendrons pas sur les mesures que nous avons prises pour corriger cela afin d’encourager l’investissement et faire que le travail paie davantage. Elles viennent d’être votées et commencent à peine à livrer leurs effets. Le Parlement les évaluera de manière transparente et avec le recul indispensable. Nous devons en revanche nous interroger pour aller plus loin. La théorie du ruissellement ne marche pas Mr Macron, même Le Monde le dit. Les riches spéculent et les pauvres pullulent.

Comment pourrait-on rendre notre fiscalité plus juste et plus efficace ? Quels impôts faut-il à vos yeux baisser en priorité ? On parle de baisser certains impôts, mais certainement pas d’en monter (ISF ISF ISF) ! Nous ne sommes pas jaloux, nous sommes révoltés.

Nous ne pouvons, quoi qu’il en soit, poursuivre les baisses d’impôt sans baisser le niveau global de notre dépense publique.

Quelles sont les économies qui vous semblent prioritaires à faire ? Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité ? A l’inverse, voyez-vous des besoins nouveaux de services publics et comment les financer ? …Que dire de plus…

Notre modèle social est aussi mis en cause. Certains le jugent insuffisant, d’autres trop cher en raison des cotisations qu’ils paient. L’efficacité de la formation comme des services de l’emploi est souvent critiquée. Le gouvernement a commencé à y répondre, après de larges concertations, à travers une stratégie pour notre santé, pour lutter contre la pauvreté, et pour lutter contre le chômage. Diviser pour mieux régner toujours : entendez, vos revendications divergent.

Comment mieux organiser notre pacte social ? Quels objectifs définir en priorité ?

Le deuxième sujet sur lequel nous devons prendre des décisions, c’est l’organisation de l’Etat et des collectivités publiques. Les services publics ont un coût, mais ils sont vitaux : école, police, armée, hôpitaux, tribunaux sont indispensables à notre cohésion sociale. Le mot cohésion est bien singulier dans ce contexte. 

Y a-t-il trop d’échelons administratifs ou de niveaux de collectivités locales ? Faut-il renforcer la décentralisation et donner plus de pouvoir de décision et d’action au plus près des citoyens ? A quels niveaux et pour quels services ? Les citoyens ne veulent pas des pouvoirs « plus près », ils veulent du pouvoir !

Comment voudriez-vous que l’Etat soit organisé et comment peut-il améliorer son action ? Faut-il revoir le fonctionnement de l’administration et comment ?

Comment l’Etat et les collectivités locales peuvent-ils s’améliorer pour mieux répondre aux défis de nos territoires les plus en difficulté et que proposez-vous ?

La transition écologique est le troisième thème, essentiel à notre avenir. Je me suis engagé sur des objectifs de préservation de la biodiversité et de lutte contre le réchauffement climatique et la pollution de l’air. Aujourd’hui personne ne conteste l’impérieuse nécessité d’agir vite. Plus nous tardons à nous remettre en cause, plus ces transformations seront douloureuses. Alors remets toi en cause de suite, car il semblerait que la majorité de la population en est pris conscience. Mais nous n’avons pas le pouvoir, nous ne sommes pas de ceux qui décident comment utiliser les ressources de notre Terre. Mais il est bien plus simple de faire culpabiliser les citoyens dont les émissions carbones sont pourtant bien faibles en comparaison de celles des multinationales. Il est bien retors d’influencer les citoyens et de les réprimander ensuite. Tout en continuant à engraisser les gros du secteur de capitaux permettant d’oeuvrer à la destruction de la planète.

Faire la transition écologique permet de réduire les dépenses contraintes des ménages en carburant, en chauffage, en gestion des déchets et en transports. Mais pour réussir cette transition, il faut investir massivement et accompagner nos concitoyens les plus modestes. Evidemment, les pauvres polluent plus à conduire leur vieille 205 que lorsque tu prends l’avion pour une centaine de km. Il faudrait aussi revoir la gestion des déchets de l’Elysée car il semblerait que ce soit un programme qui devra être jeté prochainement.

Une solidarité nationale est nécessaire pour que tous les Français puissent y parvenir.

Comment finance-t-on la transition écologique : par l’impôt, par les taxes et qui doit être concerné en priorité ? Et la taxe carbone européenne ? Qui devrait permettre de taxer les groupes dépassant leur quotas d’émissions et qui, à la place, leur permet de gagner des millions (je cite : Lafarge par exemple), mais vous fermez les yeux, car au moins, elles ne délocalisent pas. Et malgré tout, la France annonce en décembre dernier qu’elle n’augmentera pas le prix de la taxe carbone qui restera à son niveau de 2018, en contradiction avec sa position lors de la COP24.

Comment rend-on les solutions concrètes accessibles à tous, par exemple pour remplacer sa vieille chaudière ou sa vieille voiture ? Quelles sont les solutions les plus simples et les plus supportables sur un plan financier ? On se rapproche du peuple avec les termes « vieille chaudière », et je vous rassure, il ne parle pas de Brigitte.

Quelles sont les solutions pour se déplacer, se loger, se chauffer, se nourrir qui doivent être conçues plutôt au niveau local que national ? Quelles propositions concrètes feriez-vous pour accélérer notre transition environnementale ? « Quand le sage désigne la lune, l’imbécile regarde le doigt »

La question de la biodiversité se pose aussi à nous tous.

Comment devons-nous garantir scientifiquement les choix que nous devons faire à cet égard ? Comment faire partager ces choix à l’échelon européen et international pour que nos producteurs ne soient pas pénalisés par rapport à leurs concurrents étrangers ? Q

Enfin, il est évident que la période que notre pays traverse montre qu’il nous faut redonner plus de force à la démocratie et la citoyenneté. Être citoyen, c’est contribuer à décider de l’avenir du pays par l’élection de représentants à l’échelon local, national ou européen. Ce système de représentation est le socle de notre République, mais il doit être amélioré car beaucoup ne se sentent pas représentés à l’issue des élections. Jusque là, je dis oui…

Faut-il reconnaître le vote blanc ? Faut-il rendre le vote obligatoire ? Quelle est la bonne dose de proportionnelle aux élections législatives pour une représentation plus juste de tous les projets politiques ? Faut-il, et dans quelles proportions, limiter le nombre de parlementaires ou autres catégories d’élus ? Quel rôle nos assemblées, dont le Sénat et le Conseil Economique, Social et Environnemental doivent-ils jouer pour représenter nos territoires et la société civile ? Faut-il les transformer et comment ? …Voilà.

En outre, une grande démocratie comme la France doit être en mesure d’écouter plus souvent la voix de ses citoyens.

Quelles évolutions souhaitez-vous pour rendre la participation citoyenne plus active, la démocratie plus participative ? Faut-il associer davantage et directement des citoyens non élus, par exemple tirés au sort, à la décision publique ? Faut-il accroître le recours aux référendums et qui doit en avoir l’initiative ? On obtient un petit plus sur le référendum. Certes. Mais donne des lunettes à un aveugle et nous verrons ce qu’il te répond.

La citoyenneté, c’est aussi le fait de vivre ensemble.

Notre pays a toujours su accueillir ceux qui ont fui les guerres, les persécutions et ont cherché refuge sur notre sol : c’est le devoir de l’asile, qui ne saurait être remis en cause. Notre communauté nationale s’est aussi toujours ouverte à ceux qui, nés ailleurs, ont fait le choix de la France, à la recherche d’un avenir meilleur : c’est comme cela qu’elle s’est aussi construite. Or, cette tradition est aujourd’hui bousculée par des tensions et des doutes liés à l’immigration et aux défaillances de notre système d’intégration. Que proposez-vous pour améliorer l’intégration dans notre Nation ? En matière d’immigration, une fois nos obligations d’asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ? Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer ? Les migrants sont donc un objectif à atteindre, un défi à relever. A part relever leurs empreintes, et atteindre à leur dignité humaine, la France ne fait pas grand chose. Beaucoup d’hyprocrisie envers ceux qui ont fait l’erreur de naître ailleurs.

La question de la laïcité est toujours en France sujet d’importants débats. La laïcité est la valeur primordiale pour que puissent vivre ensemble, en bonne intelligence et harmonie, des convictions différentes, religieuses ou philosophiques. Elle est synonyme de liberté parce qu’elle permet à chacun de vivre selon ses choix. Comment renforcer les principes de la laïcité française, dans le rapport entre l’Etat et les religions de notre pays ? Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République ?

Dans les semaines qui viennent, je vous invite à débattre pour répondre à ces questions déterminantes pour l’avenir de notre nation. Je souhaite aussi que vous puissiez, au-delà de ces sujets que je vous propose, évoquer n’importe quel sujet concret dont vous auriez l’impression qu’il pourrait améliorer votre existence au quotidien. Nous avons le droit de parler de tout autre sujet que ceux proposés… mais attention il vient nous rappeler que cela ne doit être qu' »évoqué« . En utilisant les conditionnels « auriez » « pourriez », il nous affirme que, parler d’un autre sujet, ce ne serait qu’une impression temporaire de pouvoir améliorer notre existence (et non la notre, à présent il ne s’inclut plus).

Ce débat est une initiative inédite dont j’ai la ferme volonté de tirer toutes les conclusions. Ce n’est ni une élection, ni un référendum. C’est votre expression personnelle, correspondant à votre histoire, à vos opinions, à vos priorités, qui est ici requise, sans distinction d’âge ni de condition sociale. C’est, je crois, un grand pas en avant pour notre République que de consulter ainsi ses citoyens. Pour garantir votre liberté de parole, je veux que cette consultation soit organisée en toute indépendance, et soit encadrée par toutes les garanties de loyauté et de transparence. Le président saturnien vient démontrer sa force, sa supériorité, son pouvoir. Dommage que ce soit à travers une lettre.

C’est ainsi que j’entends transformer avec vous les colères en solutions. Nuance : il ne veut pas transformer « vos colères », mais « avec vous les colères ». Il vient aussi tenter d’atténuer la révolte à travers un euphémisme, en la rabaissant au rang de colère, au même titre que c’elle d’un enfant qu’il se devrait de calmer et rassurer (Définition de la colère : « état affectif violent et passager[…] »).

Vos propositions permettront donc de bâtir un nouveau contrat pour la Nation, de structurer l’action du Gouvernement et du Parlement, mais aussi les positions de la France au niveau européen et international. Je vous en rendrai compte directement dans le mois qui suivra la fin du débat. Le N de Soncas, la Nouveauté ! Beau produit marketing ce parti.

Françaises, Français, je souhaite que le plus grand nombre d’entre vous puisse participer à ce grand débat afin de faire œuvre utile pour l’avenir de notre pays.

En confiance,

Emmanuel Macron Et non plus « Le Président de La République En Marche ». LREM, passé de mode ?


Au premier abord, Macron semble concéder davantage de liberté à nous, aux citoyens. Il parle de nos droits et libertés, se montre ouvert au changement, au dialogue et à l’échange.  Utilisant un ton rassurant et bienveillant à la fois, il se pose en conciliateur.

Au premier abord seulement. Sur le fond, Macron ne concède rien : l’ISF ne sera définitivement pas remis en question. Les entreprises continueront d’être privilégiées. Le gouvernement et les institutions actuelles resteront bien en place. Seul le référendum est envisageable, mais il nous est bien rappelé, que le petit peuple n’est à même de prendre des décisions que pour lui-même (et non pour les entreprises ou le gouvernement par exemple) et qu’il a le droit de s’exprimer de temps en temps, mais toujours par des intermédiaires choisis, et pas sur les sujets qu’il souhaite non plus. C’est bien mal comprendre les revendications des français que de répondre avec de la biafine à celui qui demande un parapluie.
Macron a bien pris conscience du fléau climatique et de l’urgence environnementale. C’est pourquoi il choisit de culpabiliser les pauvres plutôt que d’agir à la source du problème et de pointer du doigt ses amis. Il est bien doux, il veut que les pauvres arrêtent de culpabiliser, il va les aider à manger bio et vendre leur « vieille chaudière ».


Sur la forme, un ton rassurant alors ? Que nenni, finalement il s’impose en figure autoritaire mais… à travers une… lettre ? Il a fière allure le président Saturnien.
Bienveillant il inclut tous les français dans son discours, tente de flatter anarchistes et nationalistes, pauvre et migrants. Il oublie cependant de parler du gouvernement, de ses parlementaires, de son train de vie et redirige tout simplement les demandes ailleurs. Peuple incompris ou dirigeants méprisants ?
Et où est passée la novlangue politique ? Macron est un homme du peuple.
Tel un parti politique néo-libéral et capitaliste qui se respecte, il utilise des méthodes marketing à travers son discours. Maniant le SONCAS, dans le but de convaincre sans aucune forme de manipulation, il vient appuyer son discours sur les 6 points : Sécurité, Orgueil, Nouveauté, Confort, Argent, Sympathie. « Sécurité ? Faire attention au populisme il faudrait. Orgueil ? La France, vous symbolisez. Nouveauté ? Après le débat, tout changera. Confort ? Confortable est le système. Argent ? Précieux il est. Pour tout le monde, il n’y en a pas. Sympathie ? Généreux je suis. Nous sommes. »

Offrir le choix dans la restriction, c’est la seule voie que souhaite offrir le gouvernement au peuple. Ne lui laissant pas d’autre alternative que le Débat National, tout en dirigeant d’ores et déjà le débat sur des questions non posées, contournant ainsi les plus sensibles.
Quelle sera la réponse du peuple à cette lettre ? Les français seront probablement dans la rue samedi prochain, mais où sera le Président ?


https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/video-cash-investigation-quotas-carbone-un-business-en-beton-pour-lafarge_1459609.html
https://www.actu-environnement.com/ae/news/France-tarification-carbone-Europe-32575.php4
https://www.youtube.com/watch?v=B6AlRuO2zRM&feature=youtu.be
https://www.lepoint.fr/societe/salle-de-presse-de-l-elysee-une-histoire-qui-se-confond-avec-celle-de-la-ve-republique-02-11-2018-2268066_23.php

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