Augmentation des droits universitaires des étudiants étrangers « Si je suis venu en France, c’est parce que je l’aime »

La réforme des frais de scolarité à l’université fait déjà débat et entraine la protestation de milliers d’étudiants à travers les villes universitaires françaises.

Quel est le programme de cette réforme ? Augmenter les frais de scolarité pour les étudiants étrangers hors-UE venant étudier en France. Une augmentation conséquente : ils devront payer 16 fois le prix qui était d’actualité à la rentrée dernière – et celui payé par les étudiants français. Autrement dit, le coût sera de 2770€ pour une entrée en licence ou 3770€ en master face à 170€ et 243€ aujourd’hui.

Pour justifier cette augmentation, le gouvernement se justifie avec une « stratégie d’attractivité pour les étudiants internationaux ». Attirer plus d’étudiants en augmentant les coûts universitaire ? Ne serait-on pas sur une stratégie visant à attirer les plus riches et exclure les moins aisés par la même occasion ? Une volonté traduite par cette réforme.

Le gouvernement en est conscient : tous les pays n’ont pas le même pouvoir d’achat, et la France fait -malgré les contestations actuelles- partie des pays où la valeur de la monnaie est la plus forte. Une telle augmentation des tarifs sera alors jugée plus dérisoire pour les étudiants de certains pays plus aisés ou en développement comme le Royaume-Unis, les Etats-Unis, la Chine, l’Inde… Mais qu’en est-il d’une grande majorité des pays d’Amérique du Sud et d’Afrique ? Cette réforme semble favoriser l’élite à la mixité.

Témoignage d’un étudiant étranger :

On a récolté le témoignage d’un étudiant étranger, W., d’origines tunisiennes mais dont la famille à déménagé au Qatar pour des raisons professionnelles. W., dont nous ne citerons le nom, est aussi un célèbre chanteur et guitariste en Tunisie. Il a arrêté sa carrière le temps de venir faire ses études en France.

W. est arrivé en France il y a bientôt trois ans, pour y suivre un cycle universitaire complet Licence + Master. En fin d’année scolaire 2018-2019, il validera sa licence en LEA. Mais l’élévation des droits universitaires remet en question la poursuite de son projet…

La première année en France a été assez difficile. W. avait quelques bases en français grâce au dialecte tunisien, mais il lui a fallu une année pour s’adapter réellement à la langue et à la culture française. Après 3 ans, il s’est enfin adapté et aimerait rester ici où il se sent à l’aise et apte à constuire des projets, avec et pour les français. Cette année, à côté de ces études, il intervient aussi dans le monde associatif et l’action sociale auprès de la Croix-Rouge.

Si W. a décidé de venir étudier en France, c’était par choix : »Si on vient en France, c’est parce qu’on aime la France ». D’après lui, ici, il y a ce quelque chose en plus, qu’il n’a jamais trouvé au Qatar ou en Tunisie. A l’université notamment, au Qatar, il y avait ce rejet et cette mise à part volontaire et orchestrée des non-Qataris. Pour lui, jusqu’à présent, la France était différente : ouverte à tous, diversifiée et accessible. Jusqu’à présent.

Etudiant intelligent, entreprenant et ouvert d’esprit, W. imagine alors devoir quitter la France à cause de cette réforme. Il ne serait pas le seul dans ce cas, la majorité des étudiants étrangers vont y réfléchir à deux fois avant de renouveller leurs droits pour la rentrée prochaine…

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